La recherche de personnes immergées : nouveau domaine de compétence des équipes cynotechniques des sapeurs-pompiers du Doubs

 
 

Index d'articles

  1. La Lettre de l'Etat dans le Doubs - Numéro 42 - Juin 2018
  2. Présentation du rapport d'activité des services de l'Etat 2017 devant l'Assemblée départementale
  3. Abaissement de la vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes à double-sens sans séparateur central au 1er juillet 2018
  4. Cérémonie de remise des prix du concours de la Résistance et de la Déportation
  5. Remise de l'insigne de Chevalier de la Légion d'Honneur à Mme Christine BOUQUIN, présidente du Conseil départemental du Doubs
  6. Poursuite des exercices de tuerie de masse en lien avec les établissements scolaires
  7. Le bilan de la campagne de télédéclaration PAC 2018
  8. La recherche de personnes immergées : nouveau domaine de compétence des équipes cynotechniques des sapeurs-pompiers du Doubs
  9. La présence du loup dans le département du Doubs
  10. Acculturation au monde agricole des jeunes gendarmes de la compagnie de Montbéliard
  11. Le bilan des contrôles en exploitation agricole
equipes cynotechniques SDIS

La recherche de noyés est une spécialité qui s’inspire des techniques en recherche terrestre, est employée depuis une dizaine d’années par la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et quelques départements précurseurs. Cette spécialité est développée pour la recherche de victimes immergées. Les capacités olfactives du chien permettant d'accroître les chances de survie d'une personne immergée, en sectorisant et réduisant la zone d’intervention où les plongeurs pourront retrouver la victime. Cette technique permet aussi de retrouver le plus rapidement possible les victimes décédées par noyade, qui offrent un potentiel important comme donneur d’organes. Une manière de sauver des vies autrement, mais aussi de permettre aux proches de pouvoir faire leur deuil. Enfin, la restriction de la zone de recherche optimise le temps de plongée des équipes.

Le SDISService départemental d'incendie et de secours 25, sous la diligence du vétérinaire-colonel SAURET Chantal, du capitaine GEHIN Michel, chef de l’unité cynotechnique, et du sergent-chef HUOT Yann, conseiller technique départemental de l’équipe nautique, est à l'initiative d'un groupe de travail national sur ces techniques de "recherche de victimes immergées". Les travaux de ce groupe créé en 2017 permettront de définir une doctrine nationale. Un exercice de ce type s’est déroulé samedi 24 mars 2018 sur le lac de Malbuisson, en présence d’équipes spécialisées des SDISService départemental d'incendie et de secours 70, SDISService départemental d'incendie et de secours 88, SDISService départemental d'incendie et de secours 68 et SDISService départemental d'incendie et de secours 52, réunissant 12 plongeurs, 7 sauveteurs aquatiques, 3 binômes conducteurs cynotechniques et leur chien. Plusieurs ateliers ont été mis en place pour travailler sur la recherche de victime immergée. D'autres entraînements communs sont planifiés tout au long de l'année afin que chiens et plongeurs pérennisent et développent leurs compétences dans cette nouvelle technique opérationnelle.

Saviez-vous qu’un chien peut faire la distinction olfactive entre deux vrais jumeaux ? Il travaille avec une « bibliothèque » d’odeurs. Lors d’exercices, lorsqu’on cache une personne, l’animal sait distinguer qu’il manque, dans la masse globale des odeurs individuelles présentée par un groupe d’individus, une odeur particulière. C’est ainsi qu’il se met en recherche de « victimes ». Le chien a la capacité d’atteindre des zones difficiles d’accès pour les personnes (buissons…) et se révèle plus efficace qu’une battue humaine. Un quart d’heure lui suffit pour ratisser 3 à 5 hectares de terrain et y détecter une présence humaine. L’éveil olfactif commence par un simple jeu avec le maître, dont les règles vont se complexifier peu à peu.

Utilisées dans la recherche de victimes dans le domaine de la sécurité civile, les compétences olfactives du chien sont étendues aujourd’hui pour la détection de produits accélérateurs d’incendie, en centre hospitalier pour la détection de certains cancers et dans la police, pour élucider des affaires judiciaires en utilisant des tissus « récupérateurs » d’odeurs sur les scènes de crimes conservés ensuite dans des bocaux.