Brigade de prévention de la délinquance juvénile

 
 

Index d'articles

  1. La Lettre de l'Etat dans le Doubs - Numéro 10 - Avril 2015
  2. Les élections départementales : les résultats dans le département du Doubs
  3. La semaine de l'industrie
  4. Brigade de prévention de la délinquance juvénile
  5. Le nouvel organigramme de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP)
  6. Un site pour les cessions immobilières de l'Etat
  7. La politique agricole commune (PAC)
  8. Les référents sûreté
  9. "La liberté d'expression, ça s'apprend"

La Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile du Doubs à ETUPES

On connaît relativement bien les missions des unités « traditionnelles » de la gendarmerie que sont les brigades territoriales ou brigades motorisées et, au travers des nombreux reportages qui leur sont consacrées, les unités spécialisées dans l'exercice de la police judiciaire (sections et brigade de recherches). Mais, le plus souvent, on ignore l'action et les missions spécifiques d'unités particulières dont le concours à la sécurité publique est pourtant primordial. Nous avons demandé au Major Hervé MONNIER, commandant de la brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ) du Doubs, basée géographiquement à ETUPES, de nous présenter son unité.

Historique : 

Au cours de la décennie 1990-2000, l'examen des données de la criminalité a fait apparaître un accroissement très sensible du nombre de mineurs victimes d'infractions violentes et, parallèlement, une augmentation tout aussi préoccupante de l'implication de mineurs, de plus en plus jeunes, dans les faits de délinquance. Ces phénomènes réclamaient une prise en compte spécifique, et imposaient la mise en œuvre concomitante d'actions à vocation préventive et des mesures à caractères répressif, les unes et les autres adaptées à l'environnement des mineurs et à chaque situation individuelle.

Les missions confiées à la gendarmerie et sa large compétence territoriale (95 % du territoire national), la désignaient tout spécialement pour mettre en œuvre ces deux volets d'intervention au profit des mineurs. De plus, son organisation lui permettait d'utiliser au mieux la complémentarité d'action entre les brigades territoriales, directement en charge de la surveillance et de la connaissance des lieux et des populations, et les unités spécialisées prolongeant leur action en ce domaine (Pelotons de surveillance et d'intervention, pelotons motorisés) ou dans celui de la police judiciaire (BR et SR).

Toutefois, il est rapidement apparu que, dans certaines situations, le concours de personnel spécialement formés pour faire face aux problèmes posés par la jeunesse en danger ou à risque pouvait s'avérer indispensable. Ce constat a conduit, en 1997, à la création d'un nouveau type d'unité de gendarmerie, la brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ), dans les départements et/ou les zones les plus sensibles. Quarante brigades de prévention de la délinquance juvénile ont alors été crées sur le territoire national.

Implantation et articulation : 

La BPDJ du Doubs a été mise en place en septembre 1999 mais est opérationnelle depuis janvier 2000, à l'issue de la formation des premiers militaires volontaires pour y servir. Elle est placée sous l'autorité directe du commandant de groupement de la gendarmerie du Doubs. Elle exerce son activité sur l'ensemble du département, dans les zones où la gendarmerie est en charge des missions de sécurité publique.

Initialement implantée sur la commune de SOCHAUX (25) elle a été délocalisée en 2009 sur ETUPES suite à une restructuration et la mise à disposition de locaux spécifiques.

Elle se compose actuellement de cinq sous officiers de gendarmerie : 1 major – 2 adjudants – 1 Mdl/Chef et 1 gendarme.

Les personnels la composant sont volontaires pour servir à la BPDJ et disposent tous de qualifications spécifiques à la prise en charge des mineurs ou à la prévention. Parmi ces qualifications on peut dénombrer :

1 militaire détenant un diplôme inter universitaire « adolescents difficiles »

4 formateurs relais anti-drogue (FRAD) : formation nécessaire pour la prévention des conduites addictives

4 personnels formés aux techniques d'audition pour la prise en compte des mineurs victimes d'agressions sexuelles (aide à la verbalisation des mineurs)

2 personnels ayant suivi des formations dispensées à l'école de la magistrature à Paris (stupéfiants et mineurs)

2 personnels ayant suivi un stage spécifique concernant la prévention de la délinquance juvénile

1 personnel formateur régional FRAD.

 La formation est donc plus que nécessaire pour appréhender de la meilleure des façons possibles les différentes problématiques des mineurs.

Missions :

 L'activité de la BPDJ se concentre sur les comportements asociaux des mineurs et revêt un caractère essentiellement préventif.

 1 – Missions de prévention

- Présence dans les quartiers difficiles en privilégiant le contact sur le terrain avec les jeunes et les mineurs en difficulté.

- Développement du partenariat dans le domaine social, associatif, institutionnel et avec tous les organismes en charge de l'enfance.

- Mise en place d'actions de préventions et d'informations dans les établissements scolaires du département.

Photo BDPJ

Le partenariat avec l'Education nationale (secteur public et privé) est particulièrement développé. Les thèmes abordés au cours de ces interventions auprès des écoliers, collégiens et lycéens portent sur :

- La loi, les droits et devoirs, la justice des mineurs, la citoyenneté, les incivilités

- les vols, violences et racket

- l'internet et son utilisation : harcèlement – téléchargement – utilisation réseaux sociaux

- les atteintes et agressions sexuelles

- Les conduites addictives : prévention drogue et toxicomanie.

 A titre d'exemple, la BPDJ a effectué en 2014, 548 interventions au profit de l’Éducation Nationale, à destination de 2109 écoliers, 9180 collégiens et 701 lycéens.

2 – Missions de police judiciaire :

De par leur formation et leur expérience les militaires de la BPDJ peuvent :

- apporter un soutien aux mineurs victimes, en fugue ou en souffrance psychologique ou morale

- rechercher le renseignement et le transmettre aux autorités judiciaires et administratives

- apporter leur technicité aux unités de terrain dans le cadre d'affaires judiciaires mettant en cause des mineurs très jeunes (auteurs et/ou victimes)

- apporter une assistance aux enquêteurs des unités territoriales de la gendarmerie pour les auditions de mineurs victimes d'infractions sexuelles (aide à la verbalisation du mineur, locaux adaptés et formations spécifiques des BPDJ).

Dans les locaux d'Etupes, une salle spécifique a été aménagée pour procéder aux auditions des jeunes enfants en réduisant au mieux le risque de traumatisme. On y trouve des jouets et jeux, une maison de poupées permettant de localiser des faits ainsi qu'un équipement vidéo performant et discret nécessaire à l'enregistrement des auditions de petites victimes.

A ce titre, la BPDJ du Doubs a, en 2014, effectué 82 concours aux unités et procédé à 75 auditions de mineurs victimes d'agressions sexuelles. Sur les 75 auditions, on dénombrait 15 enfants de moins de 5 ans, 27 ayant entre 05 et 10 ans, 20 entre 10 et 13 ans, 15 entre 13 et 16 ans et 5 ayant plus de 16 ans. 67 % des mineurs victimes étaient des jeunes filles.

3 – Développement du partenariat :

 ⇨avec les partenaires institutionnels : Justice, Protection Judiciaire de la Jeunesse (avec la signature de protocoles d'accord et d'intervention)

 ⇨avec les partenaires administratifs : mairies, conseil général, communauté d'agglomération (participation aux CLSPD, groupes de régulation des quartiers et instances de réflexion au niveau du département et de l'agglomération concernant l'enfance et ses difficultés).

 ⇨ avec les partenaires des quartiers : MJCMaisons des jeunes et de la culture, maison de quartiers (contacts très réguliers, organisations de journées sportives, culturelles au profit des jeunes issus de ces quartiers : opérations Ville, Vie, Vacances)

 ⇨ Contacts réguliers et prise en compte du Réserviste Local à la Jeunesse et à la Citoyenneté (RLJC)

L'expérience acquise depuis 1997, permet de consolider le concept novateur de BPDJ dans son rôle premier de prévention. Pour autant, le rôle particulièrement positif que peuvent jouer les militaires de cette unité dans les enquêtes judiciaires concernant les mineurs victimes ne sauraient être négligé, dès lors qu'il n'est pas susceptible de remettre en cause l'objectif initialement poursuivi.

L'engagement résolu des personnels de la BPDJ, son intégration active et consentie par tous dans le dispositif territorial de la gendarmerie doivent assurer la pleine efficacité de cette nouvelle unité, gage de la capacité constante de la gendarmerie à s'adapter à son environnement.

Major Hervé MONNIER