Actualités 2020

10 mai 2020 - Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions

 
 
10 mai 2020 - Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions

Message de Joël MATHURIN, préfet du Doubs, à l'occasion de la  Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolition.
En jour du 10 mai 2020, le Préfet du Doubs, avec le Président de la communauté d'agglomération du Grand Pontarlier et le maire de la Cluse-et-Mijoux, nous avons déposé une gerbe au Château de Joux dans la cellule où a été emprisonné et mourut en 1802-1803 Toussaint Louverture Général des armées du Roi et combattant pour l'abolition de l'esclavage à Saint-Domingue.

Nous voulons dire à la jeune génération : Vous incarnez l’avenir de notre pays. Soyez fiers d’appartenir à la patrie des Droits de l’homme et des valeurs humanistes et n’oubliez pas que la lutte contre le racisme, l’intolérance religieuse, l’inégalité entre hommes et femmes, l’esclavage moderne et l’exploitation des enfants sont autant de combats plus actuels que jamais, à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières.

Cette cérémonie du 10 mai doit nous permettre de nous rappeler l’héritage de l’esclavage, la souffrance de la déportation, de l’exil, de l’asservissement certes ; mais elle doit nous permettre également de mieux vivre ensemble dans une communauté nationale riche de sa diversité dont la cohésion repose sur la reconnaissance de l’identité et de la dignité de chacune de ses composantes.

Elle nous offre aussi trois enseignements.

Le premier, c’est que, l'homme fut un redoutable prédateur, capable de capturer, de vendre et de mettre en esclavage ses semblables en les humiliant, en les déshumanisant.

Le deuxième enseignement, c'est que la liberté se conquiert. C'est la deuxième République naissante, en 1848, qui a aboli l'esclavage définitivement. Souvenons-nous de ce que Victor Schœlcher écrivit : "Que l'esclavage soit utile ou ne soit pas utile, il faut le détruire; une chose criminelle ne doit pas être nécessaire. La violence commise envers le membre le plus infime de l'espèce humaine affecte l'humanité toute entière[...] La liberté d'un homme est une parcelle de la liberté universelle, vous ne pouvez toucher à l'autre sans compromettre l'autre tout à la fois".

Le troisième enseignement enfin c'est que l'esclavage, la traite ne font pas partie du passé ; ils existent encore dans certaines parties du globe ; ils restent toujours l'une des plus importantes violations des droits de la personne. L'ONUOrganisation des Nations unies estime ainsi que le trafic des êtres humains est la troisième source de revenus illégitimes dans le monde.

L'histoire de France a ses grandeurs et ses zones d'ombre. Que puissent ainsi résonner à jamais les termes de l’inscription solennelle de la stèle du jardin du Luxembourg :

« Par leurs luttes et leur profond désir de dignité et de liberté, les esclaves des colonies françaises ont contribué à l’universalité des droits humains et à l’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité qui fonde notre République. La France leur rend ici hommage ».